Les épidémies proviennent toutes de Chine? Faux
Publié chez Science Presse, 9 avril 2020On peut lire l'article ici.
Même si Donald Trump parle de « virus chinois », et en dépit des préjugés qui ont la vie dure, les pandémies ne proviennent pas toutes de là-bas, rappelle le Détecteur de rumeurs.
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Entre 1940 et 2004, on recense 335 émergences de maladies infectieuses à l’échelle planétaire, selon un calcul effectué par une équipe américano-britannique en 2008. Il s’agit d’épidémies et de pandémies aussi diverses que la malaria, la tuberculose, le sida, le SRAS, l’Ébola…Fait à noter : 60% de ces épidémies sont dues à des zoonoses, soit un virus issu du monde animal qui a migré chez l’humain après une mutation chez la chauve-souris, le porc ou un primate. Et parmi elles, 72% tirent leur origine d’animaux sauvages. Ce fut le cas du SRAS, qui provenait de la ville de Canton, en Chine. L’actuel coronavirus entrerait dans cette catégorie, bien qu’on ne sache pas encore avec certitude de quel animal il provient.Les chercheurs soupçonnent que cette forte proportion est une conséquence de notre monde moderne: notamment l’urbanisation rapide et la déforestation dans les pays émergents, qui mettent un plus grand nombre d’animaux sauvages en contact avec des populations humaines. Un argument qui était déjà mis de l’avant en 2014 par des chercheurs chinois dans l’International Journal of Infectious Diseases et en 2015 par le Suédois Carl-Johan Neiderud, entre autres. Le réchauffement climatique serait aussi un facteur.Or, si plusieurs points chauds d’émergence de maladies infectieuses (emerging disease hotspots) du 20e siècle qu’identifiaient ces chercheurs britanniques et américains en 2008 étaient effectivement en Chine, on en trouvait davantage aux États-Unis, au Japon, en Australie ou en Europe de l’Ouest (surtout au Royaume-Uni).
