Les désavantages de louer sur Airbnb

Publié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, section Dans vos poches, 19 juillet 2017On peut lire l'article ici.« On peut faire beaucoup d’argent avec Airbnb, à condition de respecter la loi. Sinon, vous vous exposez à de très gros problèmes », affirme Marwah Rizqy, professeure à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke.Car les autorités touristiques et fiscales scrutent attentivement les annonces Airbnb. Si vous louez régulièrement votre logement ou une chambre sur cette plateforme, c’est considéré comme du commerce. Voici une liste de contraintes qui peuvent frapper fort sur vos finances.ImpôtTous vos revenus accumulés avec Airbnb doivent être déclarés au fisc et sont imposables. Sinon, vous risquez un nouvel avis de cotisation, doublé de pénalités et d’intérêts, rétroactif sur trois ans.Taxes de venteSi vos revenus annuels obtenus avec Airbnb dépassent les 30 000 $, vous devez vous inscrire auprès de Revenu Québec et percevoir la TPS (5 %) et la TVQ (9,975 %). Pour informations : http://bit.ly/2sQo8bI.Revenu Québec dispose de pouvoirs étendus, allant jusqu’à la saisie sans préavis de vos comptes de banque, pour récupérer des taxes, des intérêts et des pénalités.AssurancesAvant d’afficher sur Airbnb, avertissez votre courtier ou votre assureur (le Code civil l’exige).Sinon, en cas de sinistre, ce dernier pourrait refuser de plein droit de vous indemniser.Les polices habitation standard permettent la location pour 30 jours ou moins par année, mais l’assureur peut annuler le contrat, augmenter vos primes ou votre franchise, ou exiger un nombre maximal annuel de nuitées.RèglementsVérifiez le règlement de zonage de votre municipalité ou arrondissement, qui permet ou interdit les résidences touristiques. Le règlement de votre immeuble en copropriété pourrait interdire ou limiter les locations à court terme.AttestationVous devez obtenir une attestation de classification de la Corporation de l’industrie touristique du Québec (citq.qc.ca — frais annuels d’environ 250 $). Sinon, les amendes varient de 2500 $ à 100 000 $.GestionPour louer à répétition sur Airbnb, il faut s’impliquer dans le choix des invités, la transmission des clés, le ménage, la paperasse et l’accueil. Vous pouvez confier la gestion de votre unité à un cohôte (trouvé sur la plateforme Airbnb) ou à une entreprise spécialisée. Le rendement diminue, mais vous avez l’esprit tranquille.VoisinsAirbnb fait souvent la manchette concernant des cas de tapage nocturne, déchets déposés au mauvais moment, vandalisme, vols, prostitution... Choisissez soigneusement vos invités (en évitant, par exemple, les jeunes durant la relâche scolaire...). Si votre activité Airbnb trouble à répétition la quiétude de vos voisins, vous vous exposez à des poursuites.Québec solidaire a d’ailleurs déposé un projet de loi qui forcerait Airbnb à communiquer au fisc tous les renseignements liés aux transactions, à percevoir les taxes, à limiter le nombre de permis Airbnb à un par personne, ainsi que le nombre de nuitées par logement à moins de 61 par année, sans avoir à se procurer une attestation de classification.Car Airbnb provoque une baisse de l’offre de logements locatifs à long terme partout dans le monde, y compris au Québec. Des groupes communautaires du Plateau et de la Petite-Patrie réclament carrément d’interdire Airbnb sur leur territoire !

CONSEILS

  • Acceptez la garantie offerte par Airbnb (qui n’est pas une assurance) : c’est utile en cas de vandalisme.
  • Vérifiez si votre police d’assurance habitation prévoit une couverture en responsabilité civile de 2 millions $ (celle de 1 million $ de Airbnb est légalement insuffisante).
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