Dois-je prendre l’assurance vie qui accompagne une hypothèque?

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Publié sur le site web du Journal de Montréal, 9 juin 2024

On peut lire l’article ici.

Doit-on accepter de souscrire à une assurance vie offerte par l’institution financière quand on négocie une hypothèque. La réponse courte, c’est non.

Un lecteur écrit: «Lors de l’achat de ma maison, ma banque me propose de prendre une assurance vie et invalidité pour ma conjointe et moi. Je me demande si c’est nécessaire, puisque je travaille pour le gouvernement fédéral et que je dispose d’une telle couverture offerte par mon employeur.»

En fait, ce genre de question, des milliers de consommateurs se la posent dès qu’ils accèdent à la propriété ou qu’ils renouvellent leur hypothèque. Les institutions financières proposent systématiquement cette assurance.

Certains consommateurs paient ainsi en double ou en triple pour leur assurance vie: ils ont déjà une couverture individuelle (auprès d’un assureur privé) et collective (auprès de leur employeur), et le banquier réussit à leur vendre une assurance vie hypothécaire…

Cette dernière doit vous permettre de continuer à faire vos paiements hypothécaires si vous perdez votre emploi, si vous êtes blessé, en invalidité prolongée, gravement malade ou, si vous décédez, de régler votre prêt.

Avant tout, elle n’est pas obligatoire. Mais elle s’ajoute au paiement hypothécaire et peut donc faire grimper votre paiement de 0,25% ou davantage, soit plusieurs milliers de dollars sur 20 ou 25 ans.

Comme pour tout produit d’assurance, la prime est calculée selon l’âge, la condition médicale et divers facteurs comme votre dossier de crédit. Elle est plus facile à obtenir qu’une assurance vie conventionnelle parce que le questionnaire médical est plus sommaire que celui d’un assureur privé et vous n’avez pas à subir d’examen médical.

Couverture d’assurance

La couverture d’assurance se termine quand le prêt est remboursé. Si vous changez d’institution financière, il faut renégocier l’assurance (plus vous vieillissez, moins c’est avantageux). Aussi, le coût d’assurance augmente si le taux grimpe.

Ce produit d’assurance ne couvre que le solde du prêt, contrairement à l’assurance vie individuelle (offerte par un assureur privé).

Par exemple, avec une couverture d’assurance vie temporaire de 200 000$, si vous décédez alors qu’il ne vous reste que 3000$ d’hypothèque, celle de la banque règle ce solde. Avec une assurance vie conventionnelle, vos héritiers recevront 197 000$.

L’assurance vie offerte par le prêteur est, à montant équivalent, plus chère que l’assurance vie hypothécaire. La différence peut facilement jouer dans les 1000$ annuellement pour une couverture de 250 000$.

Il est donc préférable d’opter pour une assurance vie temporaire ou permanente offerte par un assureur privé, quitte à augmenter l’indemnité pour couvrir le prêt hypothécaire.

CONSEILS
  • Avant de signer votre hypothèque, discutez avec un conseiller financier, un conseiller en assurance vie ou votre assureur de personnes. Ajuster l’indemnité pour «couvrir» votre hypothèque ne fait généralement pas une énorme différence pour la prime.
  • L’assurance vie offerte par l’employeur (assurance collective) suffit-elle pour couvrir le paiement hypothécaire en cas de décès ou d’invalidité? Généralement, non. Pour en avoir le cœur net, contactez votre employeur.
  • Il ne faut pas confondre l’assurance vie et l’assurance prêt hypothécaire (offerte notamment par la SCHL). Cette dernière protège le prêteur (et non l’acheteur) en cas de défaut de l’emprunteur. Le coût varie entre 0,6% et 4,5% du montant de l’hypothèque.
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