Ça vaut la peine pour les jeunes d’acheter une propriété dès la fin des études?

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Publié sur le site web du Journal de Montréal, 10 mai 2024

On peut lire l’article ici.

Certains jeunes veulent devenir propriétaires le plus tôt possible dans leur vie. Est-ce une bonne idée?

Prenez le cas d’Amir. Ce dernier termine ces jours-ci ses études universitaires et loue un condo au centre-ville avec sa blonde, Julie, qui terminera ses études dans deux ans. Ils sont ensemble depuis six mois. Ils envisagent d’acheter leur propre appartement, dès que possible. Les deux ont un emploi à temps partiel.

En finances personnelles, la jeunesse demeure un avantage indéniable en toutes circonstances. À 25 ans, le temps joue en votre faveur.

Cela dit, notre couple doit-il acheter dès que possible ou attendre? Nos tourtereaux doivent tenir compte de deux facteurs: la solidité de leur union et le coût de financement de leur futur nid d’amour.

Attendre

La prudence élémentaire, c’est d’attendre encore quelques années, question de voir si leur couple va durer. Et, surtout, d’établir quels sont les moyens financiers respectifs d’Amir et de Julie pour assumer leur part d’hypothèque.

D’autant plus qu’il serait étonnant qu’une institution financière leur accorde un prêt (à moins qu’ils étudient en médecine). Un prêteur considérera leur candidature seulement s’ils ont occupé un poste à temps plein pendant au moins deux années.

Certains estiment, à juste titre, que l’accès à la propriété est plus difficile pour les jeunes générations que pour leurs parents. Mais pour les personnes déterminées à devenir propriétaires, la hausse continue des prix ne devrait pas tempérer leurs ardeurs.

Ainsi, le prix médian était de 395 000$ dans la région de Montréal et de 365 000$ dans la région de Québec. Concrètement, j’estime qu’Amir et Julie devraient prendre leur temps pour amasser une plus grosse mise de fonds.

S’ils se contentaient de seulement verser 5%, ils devront avancer 19 750$ à Montréal et 12 995$ à Québec. Pour une telle mise de fonds, notre couple devra épargner 253,21$ par paie pendant 3 ans à Montréal et 166,60$ à Québec.

Si Amir et Julie prennent deux ans de plus pour épargner une mise de fonds de 20%, ils devront accumuler 73 000$ à Montréal (561,54$ par paie) ou 51 980$ à Québec (399,85$ par paie).

Avec un peu de détermination et de discipline, ce n’est pas irréaliste.

CONSEILS

  • Se contenter d’une mise de fonds de 5% coûte cher. Pour une propriété de 300 000$, on parle d’un coût additionnel de 146 500$ (prime de 4%, taux d’intérêt de 3,5%) sur 25 ans.
  • Le statut de propriétaire s’accompagne d’une foule de frais imprévus, comme la taxe de bienvenue, le notaire, les taxes foncières annuelles, l’entretien… Il faut faire un budget réaliste avant de faire le saut.
  • Durant les années où ils économiseront pour accumuler une mise de fonds, Amir et Julie pourront contribuer à leur REER, pour se prévaloir du Régime d’accession à la propriété (RAP), qui permet d’effectuer un retrait de jusqu’à 60 000$ chacun de leur REER, puis le rembourser sur 15 ans.
  • Ils pourront aussi cotiser au Compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP), qui permet d’épargner, à l’abri de l’impôt, 8000$ annuellement chacun (jusqu’à un plafond individuel de 40 000$ à vie).
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