Pourquoi les autos électriques sont chères à assurer?

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Publié sur le site web du Journal de Montréal, 8 avril 2024

On peut lire l’article ici.

Les pièces coûtent souvent plus cher que les véhicules à essence

L’assurance des voitures électriques coûte très cher. Parfois plus que les voitures à essence. Pourquoi?

Un de nos lecteurs se plaint d’encaisser une augmentation faramineuse de l’assurance de sa Tesla 2023 Modèle 3 à traction intégrale. On parle de 1000$ d’augmentation, par rapport à une prime initiale de 1200$. Il a magasiné et un autre assureur majeur lui propose 3900$!

Pourquoi est-ce si cher? D’autant plus que les Tesla, comme une majorité des voitures électriques, sont réputées à l’épreuve des vols.

Leurs systèmes permettent ainsi de reconnaître les voleurs (grâce aux caméras de bord), de retrouver la Tesla rapidement en cas de vol et de bloquer l’accès ou la conduite à distance (avec la connexion internet).

Pas juste le vol

Mais le vol n’est qu’une des composantes de l’assurance automobile. Le lieu de résidence, l’usage (promenade, navettage, Uber), l’âge, le genre, le dossier de conduite et de crédit influent sur la tarification.

Cela dit, avec une voiture électrique, c’est très facile de conduire vite. Donc d’augmenter le risque d’accident.

Et si le véhicule est accidenté, ses pièces coûtent souvent plus cher que celles des véhicules à essence, à cause des technologies et matériaux avancés.

Or, les voitures électriques sont toutes équipées de systèmes de prévention, comme des lidars, des caméras et de l’intelligence artificielle qui produisent des alertes et, souvent, corrigent la trajectoire, diminuent la vitesse ou appliquent les freins pour éviter des collisions.

Alors, si les assureurs se fient à leur expérience de risque pour établir leurs tarifs, quel est le problème? Il est multiple.

Plusieurs véhicules proposent la conduite autonome ou semi-autonome. Les assureurs considèrent que cela les expose à un risque coûteux sur le plan de la responsabilité civile. D’autre part, les incendies de batterie entraînent un risque de contamination (quoique les modèles à essence brûlent bien davantage que les électriques, selon diverses études).

Manque de pièces

Tout comme les voitures à essence, le manque de pièces de rechange complique le travail des réparateurs. Un véhicule accidenté peut attendre longtemps chez le garage, ce qui fait augmenter les coûts des véhicules de remplacement, idéalement électriques, donc plus cher (mais les assureurs plafonnent ces indemnités).

Même si le prix des pièces réusinées est moins élevé, celles des véhicules électriques se font rares ou ne sont tout simplement pas disponibles. Et certains manufacturiers les interdisent.

L’autre problème est celui de la crise de la main-d’œuvre. Les mécaniciens et débosseleurs ayant une formation pour l’électrique se font rares. Très rares dans certaines régions. Et il faut ajuster les paramètres numériques à chaque réparation.

De plus, certains manufacturiers ne font affaire qu’avec des garages certifiés, Tesla notamment. Ce qui accentue l’effet de rareté. Capitalisme 101: ce qui est rare se paie plus cher.

CONSEILS

  • Une fois que vous avez jeté votre dévolu sur un modèle de voiture, qu’il soit électrique ou thermique, contactez votre assureur avant d’en faire l’achat ou la location.
  • Faites vos calculs: si vous gardez votre véhicule plus de trois ans, il est malgré tout souvent plus économique qu’un véhicule comparable à essence. Utilisez l’outil de calcul de la CAA: carcosts.caa.ca/fr.
  • Augmentez votre franchise (ce que l’on paie de sa poche en cas sinistre) pour diminuer la prime. Évitez de faire des réclamations de quelques dizaines ou centaines de dollars au-dessus de cette franchise.
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