Dossier Henri-Bourassa – Le boulevard Henri-Bourassa sera transfiguré

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Publié sur le site web du Journal des Voisins, 3 novembre 2023

On peut lire l’article ici.

Encore des cônes orange! Et, cette fois, ce sera pendant des années, sur la plus importante voie de circulation de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, qu’empruntent 50 000 voyageurs par jour.

Ce texte de notre rédacteur en chef et éditeur par intérim a été publié dans la version imprimée du Journal des voisins, le Mag papier d’octobre-novembre 2023, à la page 6. Il représente le premier texte du dossier sur le boulevard Henri-Bourassa.

Le chantier de transformation du boulevard Henri-Bourassa a déjà commencé. Outre les ingénieurs et urbanistes, qui peaufinent actuellement les plans, de toutes petites interventions ont eu lieu dans l’arrondissement voisin de Saint-Laurent. Le gros des travaux commencera dans quelques mois.

Qu’est-ce qu’on nous promet? De passer d’un environnement issu d’une philosophie datant des années 1950 à un boulevard à la fine pointe de l’urbanisme actuel, disent les experts.

Par contre, les personnes qui habitent à deux pas de l’axe emblématique, qui s’étend de Dorval à Pointe-aux-Trembles, ou qui y possèdent un commerce craignent le pire.

Déjà que le chantier sera long et compliqué… Il est prévu d’éliminer les places de stationnement, mais, surtout, les automobilistes redoutent de pâtir des bouchons engendrés par la perte de voies de circulation, sacrifiées à celles réservées pour les bus et les vélos.

On fait quoi?

D’un côté, on constate avec effarement la hausse des morts et des blessés sur les voies montréalaises. De l’autre, on refuse de céder un pouce de l’espace dévolu à l’automobile.

L’autre grande contradiction se situe dans l’offre de transport en commun, et elle se manifeste à la grandeur de la région métropolitaine. Québec attend des décennies avant d’autoriser les projets de métro, de trains de banlieue et de voies de bus, alors qu’il dépense sans compter pour la réfection et l’ajout de routes et d’autoroutes. Et les autorités coupent dans la fréquence des bus et des métros pour boucler le budget des sociétés de transport en commun.

Ça ne marche pas: il faut que les modes de transport en commun soient suffisamment attrayants, confortables, fiables et sécuritaires pour s’imposer comme un remplacement de l’automobile individuelle.

Ce qui complique les choses, c’est que le stationnement sur rue ou au centre commercial est souvent gratuit. Pourtant, ce sont les contribuables et les consommateurs qui en assument les coûts. Donc, vous et moi subventionnons un usage privé souvent considéré comme un droit acquis.

Et cette impression de gratuité s’étend à l’automobile elle-même. Un voyage de quelques kilomètres chez Costco coûtera toujours plus cher qu’avec Communauto ou en taxi, même si l’automobiliste croit le contraire. Car il oublie les frais cachés (essence, assurance, entretien, financement, dépréciation), même quand le véhicule est payé.

Faire du vélo l’hiver

D’autre part, nous sommes un peuple nordique qui nie sa nordicité. Dans une ville comme Oulu, en Finlande, où il tombe autant de neige et où il fait plus froid qu’à Montréal, l’écrasante majorité des enfants vont à l’école à vélo, de septembre à juin. Les grand-mamans font aussi leurs courses à vélo. La majorité de la population pédale pour aller au boulot, étudier, se divertir. Qu’elle ait 7 ou 87 ans. Le phénomène fait sourire, comme en fait foi cette vidéo.

Des cyclistes participent à la sortie vélo le 14 janvier 2023, dans le cadre de la subvention vélo d’hiver. (Photo: courtoisie Ahuncycle)

Il est impératif d’éduquer les gens à aimer pédaler l’hiver, comme le fait l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, appuyé par Solon, un organisme sans but lucratif appuyant les projets de transition socio-écologique.

Pourquoi le vélo d’hiver n’est-il pas encore entré massivement dans nos mœurs? En fait, pourquoi les transports collectifs et actifs sont-ils boudés par une majorité de gens? Parce que nous sommes prisonniers de choix urbanistiques faits il y a 70 ans. Pourtant, l’urgence climatique commande de se remettre en question. Ce que les humains font difficilement.

Ces questions, nous les abordons dans ce dossier.

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