Peut-on travailler à temps partiel sans trop payer d’impôts à la retraite?

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Publié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, section Dans vos poches, 21 octobre 2023

On peut lire l’article ici.

Un grand nombre de retraités n’hésitent pas à retourner sur le marché du travail, peu importe leur situation fiscale

Beaucoup de retraités renoncent à travailler à temps partiel par peur de payer de lourds impôts. Certains devraient toutefois y réfléchir.

Un grand nombre de retraités n’hésitent pas à retourner sur le marché du travail, peu importe leur situation fiscale. Car ils s’ennuient ou aiment côtoyer d’autres humains quelques heures par semaine. Nombreux sont ceux qui n’ont pas le choix: ils doivent boucler leur budget!

D’autres rechignent. Ils ont trimé dur et veulent jouir de la vie! Plusieurs craignent le fisc. Ont-ils toute l’information pour se couper d’un revenu qui peut faire une grosse différence?

D’autant plus que nombre de retraités ont de l’expérience: les employeurs les apprécient parce qu’ils livrent la marchandise, travaillent à des heures boudées par les plus jeunes et leurs cheveux blancs rassurent les clients.

Pourquoi ne pas en tirer profit? Car le taux d’imposition, au Québec, est progressif. L’impact est plus faible qu’on pourrait le penser à la retraite, même si, parfois, un revenu supplémentaire peut faire changer de palier d’imposition. Devant l’impôt, chaque situation est unique!

Faites vos calculs

Ainsi, au Québec, les premiers 5000$ gagnés sont exemptés d’impôt. Jusqu’à 10 000$, seule la moitié sera imposée.

De plus, certains retraités jouissent du crédit d’impôt pour prolongation de carrière, qui permet d’obtenir un crédit maximal de 1500$ si vous avez entre 60 et 65 ans, et 1650$ pour les plus de 65 ans.

On s’en doute, ce crédit vise surtout les retraités à faible revenu. De plus, le Supplément de revenu garanti n’est plus diminué si on déclare jusqu’à 5000$ de revenu de travail. Au-delà de ce seuil, chaque dollar gagné l’amputera toutefois de 25 à 75 cents selon le revenu de la personne.

De plus, un travailleur de 65 ans et plus peut cesser de verser des cotisations au Régime de rentes du Québec (RRQ) et à la pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV) pourvu qu’il reçoive la rente de retraite du RRQ ou de la PSV. Passé 72 ans, les cotisations cessent.

Enfin, les travailleurs retraités bénéficient d’une réduction d’un point de pourcentage pour les deux premiers paliers d’imposition, une économie annuelle qui peut représenter jusqu’à 814$ selon le revenu de la personne.

Avant de prendre une décision, il faut donc faire ses calculs.

CONSEILS

• Consultez un conseiller ou un planificateur financier pour bien déterminer votre marge de manœuvre fiscale, ou utilisez les outils en ligne SimulR (bit.ly/45AwHsy) et SimulRetraite (bit.ly/45xrXUw).

• Quel est l’avantage de continuer à travailler et de bénéficier du crédit d’impôt pour prolongation de carrière? Il permet de maintenir son train de vie et de reporter ses rentes. En demandant à 70 ans plutôt qu’à 65 ans vos prestations au RRQ et à la PSV, vous les bonifiez de 0,7% par mois. À la fin de l’année, c’est 42 cents de plus dans vos poches pour chaque dollar obtenu.

• Les retraités à faible revenu (qui dépendent uniquement du RRQ et de la PSV) sont particulièrement avantagés s’ils travaillent à temps partiel à la retraite. Ils peuvent ainsi récupérer jusqu’à 80% du revenu brut s’ils choisissent de ne pas cotiser au RRQ.

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