Doit-on éviter d’être propriétaire quand on est retraité?

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Publié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, section Dans vos poches, 21 octobre 2023

On peut lire l’article ici.

D’un point de vue financier, payer pour maintenir son statut de propriétaire passé 65 ans ne tient pas la route

Est-ce judicieux d’acheter ou de conserver une propriété après le cap des 65 ans? C’est périlleux, tant pour vos finances que pour votre qualité de vie.

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C’est, surtout, une question de valeurs personnelles. Pour nombre de retraités, la maison est une bouée de tranquillité dans un océan d’imprévisibilité financière. À leurs yeux, il n’y a rien de plus solide que la brique et le mortier.

Cette logique est toutefois pleine de trous. Vous devez vous poser des questions fondamentales, comme: À quoi ça sert, la retraite? À entretenir une propriété ou à jouir de la vie? Si vous pouvez faire les deux, tant mieux!

Mais nombre de retraités en ont marre de consacrer temps et argent à tondre du gazon, à déneiger, à réparer, à faire le ménage, à rénover. Car pour maintenir la valeur de votre actif, il faut l’entretenir adéquatement.

Certaines réparations inévitables coûtent très cher, tant le prix des matériaux et de la main-d’œuvre a explosé.

Questions d’argent

D’un point de vue financier, payer pour maintenir son statut de propriétaire passé 65 ans ne tient pas la route pour une majorité d’entre nous. Car la propriété occasionne des dépenses irrécupérables: taxes, frais de condo, entretien et intérêts (si l’hypothèque n’est pas remboursée).

D’autant plus que nombre de retraités vivent dans des maisons trop grandes pour leurs besoins. C’est autant de pieds carrés à chauffer, à assurer, à éclairer, à entretenir.

De plus, avec le grand âge, on a moins d’énergie à consacrer au ménage ou aux rénos. Il faut donc payer quelqu’un. Plus l’espace à entretenir ou à réparer est important, plus c’est dispendieux.

Jouir de la vie

Le statut de propriétaire entraîne des responsabilités additionnelles, comparé à celui de locataire. Ce dernier n’a qu’à contacter le propriétaire quand quelque chose cloche. Et il peut partir à la fin du bail.

Par contre, les loyers sont parfois plus élevés que l’impôt foncier d’une propriété dont l’hypothèque est remboursée. Et les appartements abordables sont de plus en plus rares.

Par contre, la valeur accumulée dans votre propriété (équité) ne sert à rien si vous vous contentez d’une retraite devant la télé. La vie la plus active à la retraite est celle de jeune retraité. C’est durant cette période qu’on se gâte, qu’on réalise nos projets, qu’on profite de la vie. Passé 75 ou 80 ans, on ralentit et les régimes de retraite gouvernementaux suffisent souvent amplement à couvrir tous nos besoins financiers.

Aussi bien vendre la maison et utiliser le capital pour jouir de la vie! Mais il est préférable de prendre cette décision avec l’aide d’un conseiller ou d’un planificateur financier. Leurs calculs donneront l’heure juste!

CONSEILS

  • Le mot « immobilier » indique clairement que votre argent est gelé et inaccessible. Vos placements sont plus liquides et peuvent servir rapidement en cas d’urgence.
  • Contrairement aux idées reçues, la valeur d’une maison peut baisser, comme c’est le cas actuellement un peu partout au Québec. Une telle perte de valeur est difficilement récupérée à la retraite.
  • Vous ne voulez pas vendre? Si votre maison est en grande partie ou totalement payée, contractez une marge de crédit hypothécaire et puisez quelques milliers de dollars chaque année pour voyager ou réaliser vos rêves de retraite. Vous remboursez la marge quand vous vendez la propriété.

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