Méfiez-vous des services de paiement en trois ou cinq versements

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Publié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, section Dans vos poches, 11 octobre 2023

On peut lire l’article ici.

Des entreprises technologiques offrant des services financiers qui se définissent comme des moyens de paiement, pas des prêteurs

Les services ou applications comme Sezzle, Afterpay, Klarna ou Affirm vous permettent de payer votre maquillage ou votre paire de jeans en plusieurs versements. Méfiez-vous des conditions d’utilisation…

Ces entreprises technologiques offrant des services financiers, ou fintechs, se définissent comme des moyens de paiement, pas des prêteurs. Le flou juridique qui en résulte ouvre la porte toute grande à des conditions de crédit qui désavantagent les consommateurs.

Ces derniers, pourtant, adorent ces services, comme en fait foi une étude d’Option Consommateurs qui vient de paraître. Ils aiment leur facilité d’utilisation: vous magasinez en ligne ou avec votre téléphone, vous passez à la caisse virtuelle où on vous offre plusieurs modes de paiement, dont ces services.

Vous réglez ainsi la note sur trois, quatre, cinq ou même neuf paiements en autant de semaines, sans frais ni intérêt. Vous décidez où les fonds seront retirés (carte de crédit ou de débit). Simple comme bonjour.

Quand ça va mal

Quand la transaction se déroule sans anicroche, tout va bien. C’est quand les promesses ne sont pas tenues que ça se complique.

Par exemple, si vous ne recevez pas votre achat ou que vous désirez le retourner, vous devez vous entendre avec le vendeur. Que se passe-t-il si son service est pourri, qu’il est basé en Chine ou au Bangladesh, ou qu’il vous répond, illégalement, que vous devez vous entendre avec le service de messagerie?

«Vous ne pouvez pas bénéficier de la rétrofacturation sur la carte de crédit, parce que la transaction s’est faite avec la fintech, même si l’argent est retiré de votre carte», explique Me Clarisse N’Kaa, avocate chez Option Consommateurs et autrice de la recherche.

Pour compliquer le tout, les consommateurs se plaignent souvent de la piètre qualité du service à la clientèle de ces fintechs.

D’autre part, si les fonds ne sont pas disponibles au moment où le paiement se prend, ça peut vous coûter très cher. Si vous avez acheté 35$ de mascara et qu’on vous facture des frais de 7,50$ pour reporter un paiement, votre maquillage vous coûte un bras.

Pire: en cas de manque de fonds (ou NSF), votre institution financière pourrait vous facturer des frais de 35$. Et la fintech un montant équivalent. Payer 70$ de frais pour 35$ de mascara…

Certaines entreprises de technologie financière facturent aussi des frais de 15$ pour réactiver un compte. De plus, un retard ou un paiement qui a sauté peut affecter votre dossier de crédit. Seule Affirm l’écrit clairement dans ses conditions d’utilisation.

Le problème, c’est que personne ne les lit. Pourtant, les conséquences peuvent être fâcheuses, comme de devoir composer avec une agence de recouvrement pour une paire de jeans ou d’écouteurs. Si c’est votre cas, votre dossier de crédit est sûrement entaché.

CONSEILS

• Option Consommateurs considère ces entreprises de technologie financière comme un risque de surendettement: vous multipliez les achats et vous avez une série de paiements à assumer dans les prochaines semaines. C’est souvent difficile de s’y retrouver.

• Si vous perdez votre emploi et que vous avez tous ces paiements à faire, ça complique sérieusement votre vie.

• Il est préférable de payer comptant ou d’utiliser votre carte de crédit et de ramener le solde à zéro à l’échéance. Ainsi, vous gardez le contrôle.

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