Au cœur de notre industrie maritime: l’avenir du conteneur passe par Contrecœur

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Publié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, section Dans vos poches, 13 mai 2023

On peut lire l’article ici.

Contrecœur représente le fer de lance de la stratégie d’expansion du port de Montréal dans le marché du conteneur.

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« C’est le plus important projet de l’histoire moderne du Port de Montréal. Et c’est un projet de longue haleine. Les terrains ont été achetés il y a 40 ans, car les dirigeants du port savaient qu’un jour, il manquerait de place pour le secteur des conteneurs. Ce jour est presque arrivé », explique Mélanie Nadeau, vice-présidente, affaires publiques du Port de Montréal.

En effet, au rythme où vont les choses, le port atteindra la pleine capacité en 2027. Plus important port de l’est du pays, Montréal a manutentionné 3,2 millions de tonnes de marchandises diverses cette année, ainsi que 8,2 millions de tonnes de marchandises en vrac. Environ 42 % de ce trafic est conteneurisé.

« Si nous ne réalisons pas ce projet, le trafic de conteneurs se déplacera vers nos ports concurrents de la côte est américaine. La conteneurisation est présente à Montréal depuis 50 ans. Les entreprises québécoises et ontariennes utilisent le port de Montréal pour importer et exporter leurs produits partout dans le monde, notamment par conteneurs. Cette activité est en croissance continuelle », affirme Mme Nadeau.

Ça avance

Le projet d’agrandissement de Contrecœur a franchi plusieurs étapes depuis son lancement, en 2014.

Le port en est actuellement à choisir un partenaire, parmi les trois finalistes annoncés le 6 mai dernier : Axium infrastructures et Pomerleau, Ports America Holdings et Terminal Investments Limited (TIL). Le finaliste, qui sera connu à la fin de cette année, construira le projet.

Controverse

L’expansion de Contrecœur est controversée sur le plan environnemental, car le projet est situé dans une partie de l’aire de reproduction du chevalier cuivré, une espèce menacée qui ne vit qu’au Québec. D’ailleurs, le port attend toujours l’autorisation d’Ottawa.

« Nous travaillons avec Pêches et Océans Canada depuis dix ans pour raffiner notre projet, reprend Mme Nadeau. Nous avons planifié plusieurs mesures avec eux pour en limiter l’impact, nous sommes très sûrs d’obtenir le permis prochainement. »

L’expansion comprend la création de 2 hectares d’herbier, environ le double de l’habitat détruit par le projet. L’efficacité de ce genre de mesure est critiquée par des experts de la protection de la faune.

UN PROJET D’ENVERGURE

L’agrandissement du port de Montréal à Contrecœur est un énorme projet.

Grosso modo, il est question d’aménager une dalle gigantesque avançant sur le fleuve, comportant deux postes, disposant chacun de quatre grues-portiques, ou girafes, identiques à celles qu’on aperçoit à la hauteur du pont-tunnel Louis-H. Lafontaine.

La cour intermodale et la gare de triage couvriront 24 acres.

Le projet sera doté d’un lien avec l’autoroute 30 et le chemin de fer. Il sera carboneutre, les installations étant entièrement électrifiées (elles le sont déjà presque entièrement à Montréal).

Entre 250 et 370 camions et un ou deux trains accéderont au site quotidiennement lorsque le site fonctionnera à plein régime, en 2050.

Le port prévoit une capacité annuelle de 1,5 million de conteneurs (offerte dès l’ouverture, fin 2026 ou début 2027) et la création de 1200 emplois.

Plusieurs chiffres circulent quant au coût du projet. Avant la pandémie, le port l’avait évalué à 950 millions $, mais on sait déjà que ce chiffre sera revu à la hausse, notamment à cause de l’inflation.

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