Maximiser son REER ou son CELI, le processus pour faire le bon choix

45


Publié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, section Dans vos poches, 28 janvier 2023

On peut lire l’article ici.

C’est un vieux débat : doit-on maximiser en premier son REER ou son CELI ? Ça dépend de votre situation personnelle.

• À lire aussi: Les cotisations REER et CELI en hausse constante depuis cinq ans

• À lire aussi: Connaissez-vous bien le REER et le CELI?

• À lire aussi: CELI et REER: des armes d’enrichissement massif

« La règle de base est simple : si votre taux de déduction REER est supérieur à votre taux d’imposition lorsque vous retirerez de votre REER à la retraite, maximisez votre REER avant votre CELI », explique Dany Provost, qui est directeur optimisation fiscale, chez SFL Expertise.

Concrètement, le Régime enregistré d’épargne retraite (REER) est un outil d’épargne pour la retraite. Le Compte d’épargne libre d’impôt (CELI) également, mais aussi pour d’autres projets : fonds d’urgence, prochaines vacances, dépenses de rentrée scolaire, rénovations, achat d’une voiture ou encore d’un bateau.

Une majorité devrait contribuer quand même aux deux régimes.

« Pour chaque 2 $ qu’on met dans son REER, on peut consacrer 1 dollar à son CELI », ajoute Dany Provost.

Pas pour tous

Le Régime enregistré d’épargne retraite est moins attrayant pour ceux qui ont un régime généreux de retraite ou qui affichent un revenu modeste à la retraite et qui bénéficieront du Supplément de revenu garanti. D’ailleurs, les ménages dont le revenu est de moins de 80 000 $ sont proportionnellement plus nombreux à cotiser à un CELI (33,8 %) qu’à un REER (20,1 %), selon Statistique Canada.

Pour ceux dont les revenus sont appréciables, mais pas assez pour maximiser à la fois le REER et le CELI, ces derniers devraient, théoriquement, privilégier leur REER.

Mais ce n’est pas facile.

Une étude des professeurs Luc Godbout et Matis Allali démontre que les droits inutilisés moyens des contribuables qui cotisaient aux deux régimes s’élevaient, en 2016, à 55 800 dollars pour le REER et à 33 900 dollars pour le CELI, chez les 35 à 30 ans, et à 68 400 dollars pour le REER et 39 300 dollars pour le CELI chez les 55 à 59 ans !

Des projets ?

Si vous avez de coûteux projets avant la retraite, mieux vaut épargner avec le CELI plutôt que de s’endetter avec une carte de crédit.

Mais, pour l’achat d’une voiture, si le taux du prêt est moins élevé (par exemple 2 %) que le rendement moyen espéré des placements de votre CELI (par exemple 4 %), contribuez à votre CELI et contractez un prêt automobile. Si le taux de ce prêt est de 8 %, utilisez votre CELI pour payer la voiture comptant (en tout ou en partie).

CONSEILS

  • Une marge de crédit (surtout hypothécaire) servira à remplacer le chauffe-eau ou réparer le toit, mais pas pour respecter vos obligations financières en cas de perte d’emploi. Virez automatiquement un montant à chaque paie pendant quelques années vers votre CELI pour constituer un fonds d’urgence.
  • Si votre CELI sert de fonds d’urgence ou pour de gros projets, misez sur des produits financiers conservateurs : fonds commun de placement ou FNB du marché monétaire, CPG garanti dont l’échéance coïncide avec les vacances ou la rentrée.
  • On peut perdre gros si on ne maximise pas son REER ou son CELI. Par exemple : une personne qui investit 10 000 $ à 30 ans et 1000 $ par année aura jusqu’à 65 ans une cagnotte de 149 996 $ si le rendement moyen est de 5 %.

 

45 recommended
489 views
bookmark icon