Attention aux ramoneurs amateurs

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Publié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, section Dans vos poches, 21 octobre 2022

On peut lire l’article ici.

Au Québec, on recense annuellement plus de 1000 feux de cheminée. Pour éviter un tel sinistre, voici quelques conseils.

Il y a plusieurs années, j’ai accepté qu’un ramoneur itinérant fasse ma cheminée. Erreur ! Le monsieur a fait son travail tout croche : il a laissé un tas de suie sur ma trappe intérieure et dans l’âtre, et m’a volé mon chapeau de cheminée. Quelques jours plus tard, un écureuil affolé a couvert meubles et murs de suie et de sang avant que je puisse l’expulser, au prix d’intenses manœuvres stratégiques.

Si un tel ramoneur sonne à votre porte, refusez. Sinon, assurez-vous qu’il possède un permis de commerçant itinérant de l’Office de la protection du consommateur (OPC). Il aura donc versé un cautionnement, qui pourrait servir en cas de réclamation.

Certains ramoneurs louches circuleraient avec des contrats bidon, exigent un dépôt de 1000 $ avant de disparaître, ou refusent d’exécuter les travaux pour une raison quelconque, mais insistent pour se faire payer, rapporte Charles Tanguay, porte-parole de l’OPC.

Il m’a aussi raconté que des ramoneurs s’improvisent experts en cheminée, affirmant que la vôtre est non conforme, proposant illico des travaux inutiles de plusieurs milliers de dollars. Demandez un deuxième avis.

Un ramonage coûte entre 125 $ et 250 $, selon la complexité et la pente de toit.

Il est préférable de ramoner au printemps, alors que les dépôts (suie, créosote, goudron) sont moins résistants (et le service est plus rapide). Des consommateurs bénéficient de rabais de groupe.

Assurance

Que se passe-t-il si un ramoneur se blesse chez vous ? C’est couvert par la CNESST ou son assurance responsabilité civile, pas la vôtre.

Normalement, un assureur habitation n’exigera pas de ramonage périodique. Évidemment, pour deux ou trois feux par hiver, un ramonage bisannuel suffit. Le « bois dur » (érable, hêtre, merisier) est préférable au « bois mou » (conifères), qui génère beaucoup de dépôts dans les conduits. Une corde (bois non séché) se détaille environ 150 $, livraison exclue.

Enfin, Montréal, Québec et Longueuil n’ont pas interdit les foyers, contrairement à la rumeur. Mais votre appareil doit se conformer à une norme très stricte d’émissions de particules fines (2,5 grammes à l’heure). À Montréal, il faut un permis et signer une déclaration 120 jours après avoir installé ou remplacé un appareil. N’oubliez pas d’avertir votre assureur.

CONSEILS

  • Interrogez vos voisins ou demandez des références. Ne payez qu’une fois les travaux terminés.
  • Un bon ramonage implique aussi le nettoyage de l’âtre et l’inspection des pièces.
  • Exigez un contrat avec coordonnées complètes du ramoneur, numéro de permis de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) ou de l’OPC, ainsi qu’une preuve d’assurance responsabilité civile.
  • Votre cheminée exige des travaux ? Vous cherchez un ramoneur ? Contactez l’Association des professionnels du chauffage (poelesfoyers.ca • 1 855 748-6937), qui offre des formations en ramonage et en installation d’appareils.
  • Conservez votre bois de chauffage à l’extérieur, sous une bâche, pour éviter les infestations d’insectes et une hausse importante d’humidité dans la maison. Contrairement à certaines croyances, le bois sèche mieux dehors. Achetez-le au printemps.
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