Dans vos poches: le prêt-à-cuisiner, c’est pas seulement pour les riches

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Publié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, section Dans vos poches, 22 septembre 2022

On peut lire l’article ici.

Vous croyez que les services de repas à cuisiner ne s’adressent qu’aux consommateurs fortunés ? Ce n’est pas tout à fait vrai.

Hello Fresh, Marché Goodfood, Chef Plate, Cook It, MissFresh : les services de prêt-à-cuisiner rejoindraient près de 8,4 % des Canadiens selon une étude de 2021 de l’Université Dalhousie (comparativement à 12,8 % en pleine pandémie). On parle d’un marché dépassant le milliard de dollars.

Selon CPA Canada, plus de 150 firmes se concurrencent sur la planète, pour un marché qui atteindra 8 milliards de dollars américains en 2025.

Ces services, qui ont vu le jour en Suède, en valent-ils la peine alors que l’inflation gruge plus que jamais le budget nourriture des ménages ? Ça dépend pour qui. Et je ne parle pas que des gens riches.

Alors que 15 % des Québécois vivent seuls, que 58 % vivent en couple et qu’un couple sur deux n’a pas d’enfant, ça représente beaucoup de consommateurs potentiels.

Gaspillage et lunchs

Rappelons que la formule de ce type de service est toute simple : vous commandez en ligne vos repas de la semaine prochaine et on vous les livre dans une boîte, à la porte.

Vous payez avec votre carte de crédit selon une formule abonnement. Chaque repas s’accompagne d’une recette, dont les ingrédients sont préemballés individuellement selon les quantités requises. Vous cuisinez et lavez la vaisselle.

Critiqués parce qu’ils génèrent beaucoup d’emballages, ces services comportent toutefois un avantage bien écolo : ils permettent de lutter contre le gaspillage alimentaire.

Les consommateurs sont responsables de 61 % de ce gaspillage, qui représenterait 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), selon des sources diverses.

Mais revenons aux questions d’argent : selon des chercheurs, un repas acheté auprès d’un service de prêt-à-cuisiner coûterait en moyenne le double de celui préparé à partir d’ingrédients achetés en épicerie.

Mais, ils ne tiennent pas compte des pertes liées au gaspillage alimentaire, qui coûtent en moyenne 18 $ par ménage par semaine, selon l’Université de Guelph.

Ainsi, un abonnement à Goodfood pour trois recettes par semaine coûte entre 75 $ et 85 $ (sans desserts). Mais, selon mon expérience, près de 90 % du temps, chaque recette se traduit par un repas du soir et un autre du midi. Ça représente donc entre 12,50 $ et 14,17 $ par repas, pour deux, soit 6,25 $ à 7 $ par repas par personne. Sans aucune perte.

Je ne trouve pas cela exagéré

Conseils

  • Tous les services offrent des recettes véganes ou des repas qui se préparent rapidement et simplement.
  • Du point de vue nutritionnel, les recettes sont saines : peu de sucre ou d’aliments transformés (vous salez à votre goût), variétés de légumes, de plats et d’influences. Il est possible « d’étirer la sauce » pour servir plus de deux personnes par repas, mais pas toujours.
  • D’un point de vue budgétaire, ces services sont beaucoup moins avantageux pour les ménages de plus de deux personnes, surtout si la famille compte de gros mangeurs comme des ados.
  • Le meilleur moyen d’économiser sur le budget nourriture, c’est de planifier ses repas en fonction des spéciaux affichés sur les circulaires des épiceries ou de faire du couponnage.
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