Marianne Lefebvre voit le mentorat comme une expérience humaine et transformatrice

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Publié sur le site web du Réseau Mentorat, 6 avril 2022

On peut lire l’article ici.

Marianne Lefebvre est une communicatrice professionnelle. Cette entrepreneure baigne aussi dans le mentorat depuis des années. Pour elle, c’est une forme de cercle vertueux qui ne finit jamais.

En 2019, Marianne Lefebvre a fondé Eklore Marketing avec son conjoint, François Jacob, à Trois-Rivières. Leur agence de communication marketing accompagne ses clients dans le développement de relations durables avec leurs membres, employés, partenaires, donateurs et communautés. La PME travaille surtout sur des stratégies de communication et de partenariats, des projets de conception web et graphique, ou de l’accompagnement pour de gros projets numériques. Pour ses clients, Eklore joue un rôle de département de communications externes.

La PME a une pléiade de clients institutionnels et privés, soient des organisations des milieux de la santé, de la culture, de l’éducation et des ordres professionnels. La clientèle est située au Québec, mais aussi jusqu’en Colombie-Britannique.

« Être associée avec son conjoint, c’est particulier et enrichissant à la fois, confie Marianne Lefebvre. Nous menions notre carrière à Montréal, puis on a décidé de redémarrer sur le plan professionnel dans la région natale de mon conjoint. Ça s’est bien passé parce que nous sommes complémentaires : j’ai une expertise en communication marketing et en partenariats, la sienne est en communication numérique. »

Elle est en contact avec le mentorat depuis plusieurs années, siégeant entre autres au conseil d’administration de Mentorat Québec, une organisation faisant la promotion du mentorat, notamment comme présidente, poste qu’elle occupe depuis trois ans.

« J’ai appris à connaître toutes les formes de mentorat, tous secteurs confondus : jeunes, entrepreneurs, enseignants, immigrants, femmes… J’ai collaboré à des projets comme le Mois du mentorat ou encore l’Accélérateur mentoral, qui offre un parcours d’accompagnement aux entreprises à prédominance masculine souhaitant soutenir l’insertion ou la rétention des femmes en emploi. Le mentorat, pour moi, c’est la mission d’une vie », affirme-t-elle sans détour.

Tout naturel

Elle s’inscrit comme mentorée au Réseau Mentorat dès la fondation d’Eklore. « Je connaissais le mentorat, mais j’avais tout à apprendre de ma nouvelle profession, celle d’entrepreneure, poursuit-elle. Jusqu’alors, je n’avais connu que le salariat. Je n’avais jamais été en affaires. »

Elle reconnaît qu’effectuer ce genre de virage, c’est un gros saut dans sa vie : « J’avais besoin de m’approprier cette nouvelle identité d’entrepreneure, même si je connaissais très bien mon métier », dit-elle.

Elle s’inscrit au mentorat de groupe, une autre première. Dès le départ, elle apprécie beaucoup l’expérience.

« Nous étions la première cohorte de mentorat de groupe trifluvienne, glisse-t-elle. C’était une expérience très puissante. Chaque participant bénéficie du parcours, des questionnements et des défis vécus par les autres. De plus, nous n’étions que des femmes. Il s’est développé une solidarité, une chimie, une complicité en tant qu’ entrepreneures. On s’est entraidées et on a bénéficié de l’animation de mentors expérimentés, qui nous poussaient à nous questionner et à nous dépasser. Nous étions très agiles, très attentives aux autres. La synergie de groupe fut fort bénéfique. Je ne voyais pas ça comme du codéveloppement, car on ne résolvait pas des cas précis. C’était davantage de l’entraide, car le mentorat est axé sur le savoir-être. Évidemment, entre mentorées, on ne se privait pas pour se donner des conseils! »

Depuis un an, Marianne Lefebvre poursuit sa démarche, mais en mentorat individualisé. Elle apprécie car son mentor s’occupe d’elle à 100 %! Ce qui lui permet d’aller plus en profondeur avec ses préoccupations et ses interrogations.

« On a une belle complicité, insiste-t-elle. Ça me permet d’échanger avec une personne d’expérience, neutre, en toute confidentialité. Ça me donne le pouvoir de me décoller le nez de la vitre, de voir la forêt, pas juste l’arbre. »

Toute une aventure

Elle reconnaît que d’être en affaires avec son conjoint, c’est un engagement hors du commun. Même s’ils se sont donné des limites claires, pour maintenir l’équilibre entre leurs vies privées et professionnelles, ils demeurent des associés, des parents, des entrepreneurs… Ils savaient, tout de même, qu’ils étaient professionnellement compatibles puisqu’ils avaient déjà travaillé ensemble en agence en début de carrière.

Leur aventure à titre d’entrepreneurs s’est faite sans heurts et Marianne Lefebvre ne se verrait pas ailleurs : « On s’épaule quand on voit que l’autre en a besoin, on a une très forte complicité, on se connaît tellement que nous n’avons pas peur d’aborder les sujets plus sensibles. On a appris à célébrer ensemble nos bons coups, à gérer le stress aussi. »

Mais le mentorat joue un rôle différent pour Mme Lefebvre. « Il a permis de consolider mon identité d’entrepreneure, de m’épauler dans mes défis de croissance, dit-elle. Je suis allée chercher des outils que j’avais pourtant en moi, le mentor ayant permis de les mettre en lumière. Comme tout entrepreneur, j’avais des décisions difficiles à prendre : j’ai appris à approfondir mes réflexions, à me recentrer sur mes valeurs personnelles. Je prolonge ensuite ma réflexion avec François. Je prends des décisions en ayant acquis un niveau de maturité supérieur. »

Les rencontres avec son mentor représentent désormais une sorte de pause mensuelle dans un contexte où tout va très vite. « Mon conjoint ne sent pas le besoin de faire cette démarche, mais il la recommande à tout entrepreneur en affaires, car il en voit les bienfaits pour moi, complète Marianne Lefebvre. Il en perçoit l’effet apaisant, car le mentor accompagne l’entrepreneur dans sa globalité, il fait le tour de tous les défis.»

Enfin, le mentorat lui a permis de développer ses qualités de dirigeante. « Je ne me rendais même pas compte que je faisais preuve de leadership dans mon entourage, conclut-elle. Grâce au mentorat, j’ai appris que j’avais de l’impact dans la société. J’ai dû intégrer cela, en comprendre les avantages pour moi et mon entourage. C’est pour cela que je dis que le mentorat est une expérience humaine et transformatrice pour les entrepreneurs. »

 

Propos recueillis par Stéphane Desjardins

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