Héritage : prenez-garde à ceux qui vous entourent !

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heritagePublié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, section Dans vos poches, 18 novembre 2014

On peut lire l’article ici.

Votre conjoint vient de décéder? Vous avez reçu une forte somme en héritage? Vos enfants font des pressions? Prenez garde!

C’est bien connu, les parents ne peuvent souvent dire non à leurs enfants. Même contre la logique. Surtout si le décès est récent et que le deuil n’est pas terminé. Il est alors difficile de prendre des décisions qui font du sens. Et ça se complique quand on subit des pressions des enfants. À moins qu’ils ne soient pratiquement dans la rue, rien ne presse.

Des conseillers financiers m’ont donné des exemples souvent pathétiques de nouveaux héritiers dont le patrimoine est siphonné par leurs enfants. Dont ce père qui effectuait des retraits de 10 000$ par mois pour sortir son fils toxicomane de la dèche. Ou ces nouveaux retraités qui donnaient 5000$ annuellement à chacun de leurs quatre enfants… qui finançaient ainsi leur voyage à Cancun. Ils dilapidaient leurs économies.

Et encore cette femme qui a hérité de son mari une forte somme issue de la vente de la PME familiale. Elle a financé les automobiles qui devaient transporter ses enfants aux études. Rapidement, ils ont cessé d’étudier mais voulaient encore des cadeaux. En quelques mois, tout aurait été flambé!

J’aurais pu remplir cette page d’exemples additionnels. Si vous héritez d’un bon montant, voici la marche à suivre :

1- respirez;

2- payez rapidement VOS dettes si elles sont moins élevées que l’héritage;

3- gardez de l’argent pour les funérailles, surtout s’il n’y a pas eu de pré-arrangement ou si vous n’avez pas droit à l’aide gouvernementale;

4- ne conservez pas le solde de l’héritage dans votre compte bancaire : le faible taux d’intérêt combiné à l’inflation vous fera perdre de l’argent; optez pour un CPG ou un dépôt à terme de deux ou six mois, ou même un fonds commun du marché monétaire, le temps de vivre votre deuil;

5- contactez un conseiller, idéalement un planificateur financier indépendant de votre banque.

Votre conseiller devrait vous poser une série de questions, selon votre statut, votre âge, l’état de vos finances et votre tolérance au risque : quels sont vos projets personnels (voyages, loisirs, activités, vivre au chalet…), quand allez-vous prendre votre retraite, quelle est la situation financière de vos enfants mineurs ou majeurs, etc. Il tiendra compte de vos dettes, de vos actifs et vous proposera un plan. Il vous suggérera certains placements en fonction de vos projets et de l’impôt, qui pourrait rapidement gruger vos rendements.

Une constante se dégagera de toutes ces démarches : ne jamais, jamais prendre de décision précipitée.

Nos conseils

Contactez au moins deux ou trois conseillers financiers : il faut que ça clique!

Tenez un conseil de famille, en présence d’une personne neutre, comme un expert budgétaire de l’ACEF de votre région ou votre conseiller financier, pour appuyer vos décisions.

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