Logements sociaux demandés dans nos quartiers

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Publié sur le site web du Journal des Voisins, 21 juillet 2021

On peut lire l’article ici.

Vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’Ahuntsic-Cartierville manque cruellement de logements sociaux. La crise actuelle exacerbe la situation.

Commençons par un portrait du logement social dans notre arrondissement, par nombre d’unités :

  • 671 dans des coopératives d’habitation;
  • 1810 dans des OBNL;
  • 1437 dans des HLM;
  • 133 dans des immeubles appartenant à l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM);
  • 567 dans des immeubles de la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM).

Ahuntsic-Cartierville compte donc 4618 logements sociaux ou abordables, selon des chiffres de 2019 fournis par la Ville de Montréal.

L’agglomération de Montréal comptait, en juin 2020, 62 707 logements sociaux et communautaires, dont 60 621 sur le territoire de la métropole. Ahuntsic-Cartierville arrive au sixième rang quant aux arrondissements ayant le plus de logements sociaux sur son territoire, derrière le Sud-Ouest (9056), Ville-Marie (8232), Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (7510), Rosemont-La Petite-Patrie (5565), Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce (5488), et devant Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension (4011) et le Plateau Mont-Royal (4139).

Dans Ahuntsic-Cartierville, Saint-Sulpice est le quartier qui compte le plus de logements sociaux (1218), suivi de Cartierville (1050), du Sault-au-Récollet (899), de La Visitation (498), du Nouveau-Bordeaux (477) et de Nicolas-Viel (313). Mais c’est dans Saint-Sulpice (584 logements) et dans La Visitation (218) où l’on trouve le plus de HLM; et c’est dans Sault-au-Récollet (215 unités) où se concentrent le plus de logements coopératifs, suivi de Cartierville (167).

Dans l’agglomération montréalaise, 34,4% sont des HLM, 30,8% sont des OBNL, 23,9% sont des coopératives et 10,9% sont des logements publics non-HLM.

Nouvelles constructions

À souligner : de nombreux logements abordables seront construits avec les projets Crown (10 000, rue Meilleur), Hapopex (2915, Henri-Bourassa) et celui des anciens terrains du ministère des Transports, boul. Henri-Bourassa Ouest.

Sans oublier Louvain Est, sur l’ancienne fourrière municipale, un projet mixte qui prévoit au moins 500 logements « abordables » sur les 1000 projetés. De plus, si le projet du 9300, rue Meilleur est mené à terme, il inclura environ 20% de logement social pour respecter le Règlement pour une métropole mixte (RMM) adopté récemment par l’administration Plante.

Plus de condos

Mais on construit davantage de condos que de logements locatifs abordables dans l’arrondissement. Entre 2009 et 2018, il y a eu 1054 nouveaux condos (969 chantiers et 85 conversions de logements locatifs), comparativement à la mise en chantier de 131 logements locatifs privés et de 153 logements sociaux et communautaires, selon un mémoire du Comité logement d’Ahuntsic-Cartierville (CLAC) dans le cadre des discussions menées en 2019 par l’Office de consultation publique de Montréal sur le RMM.

Le document insistait sur l’importance de développer un patrimoine collectif de logements abordables pour mieux équilibrer un marché locatif qui désavantage les ménages à faible revenu ou à besoins particuliers.

Car les besoins pour de nouveaux logements sont criants, explique Yvon Dinel, organisateur communautaire au CLAC. L’organisme tenait d’ailleurs une manif théâtrale en mai dernier pour le démontrer.

Besoins urgents

« En 2009, nous avions publié qu’il fallait 1000 nouveaux logements sociaux dans Ahuntsic seulement pour les années immédiates, dit-il. Ce qui nous inquiète, c’est l’insuffisance dramatique du programme Accès Logis du gouvernement du Québec. Alors que les coûts des terrains, des matériaux et de la main-d’œuvre augmentent constamment, ce programme accuse un retard incroyable depuis quelques années pour la construction de nouveaux logements. »

Le gouvernement Legault a annoncé 500 nouvelles unités annuellement d’ici 2026, pour l’ensemble du Québec, il y a quelques mois, ajoute-t-il. « Ça ne fait que combler les besoins du site Louvain… Ça n’a aucun sens. Ce gouvernement n’est pas sensible au sort des locataires à faibles revenus », dit-il.

En fait, les besoins de nouveaux logements sociaux dans Bordeaux-Cartierville, qui abrite la plus importante proportion de ménages à faibles revenus de l’arrondissement (notamment dans la zone RUI de Cartierville), sont encore à définir.

« Nous avons un comité de suivi en habitation qui doit réaliser, cet automne, un portrait des besoins selon le type de clientèle : aînés, besoins spécifiques et revenus modestes », explique Karen Vespier, directrice du Conseil Local des Intervenants Communautaires (CLIC) de Bordeaux-Cartierville.

Dans le contexte actuel, le logement demeure un enjeu important, reconnaît-elle.

« Avec le phénomène des rénovictions, les besoins augmentent, poursuit-elle. D’autant plus que le parc de logements vieillit et il faut les rénover. Et l’arrivée du REM à la gare Bois-Franc va certainement stimuler l’embourgeoisement du sud de Cartierville. »

Mme Vespier affirme que les besoins en logements abordables sont plus criants dans Cartierville que n’importe où ailleurs dans l’arrondissement. La question est-elle prise au sérieux par les décideurs ?

« Notre comité habitation regroupe une dizaine d’organismes publics et communautaires, la mairesse de l’arrondissement et des représentants de l’administration, dit-elle. Il a une portée certaine. Sur cette question, nous avons plus de poids que si nous étions tout seuls de notre côté. »

Un ménage locataire sur trois (34%) dans l’arrondissement consacre plus de 30% de ses revenus au logement, au détriment des autres besoins essentiels. Pire, 5745 ménages locataires mobilisent plus de 50% de leur revenu pour se loger, constatait le CLAC en 2019.

Le logement social représente 11,5% du parc locatif montréalais.

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