Benoit Martel : bâtir quelque chose de durable

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Publié dans le blogue du Réseau Mentorat, 16 juin 2020

On peut lire l’article ici.

Benoit Martel s’est lancé en affaires à 42 ans. Six ans plus tard, il considère que c’est la meilleure décision de sa vie!

Ce billet est produit dans le cadre du lancement de l’Indice entrepreneurial québécois 2019 : Entreprendre à travers les générations. À l’occasion du lancement, le Réseau Mentorat a réuni un panel d’invités auquel a participé notamment Benoit Martel.

Benoit Martel est président de R2i (Ressources Infrastructure Impartition), une PME spécialisée dans l’accompagnement d’entreprises en transformation numérique, en infrastructure infonuagique (serveurs, stockage, réseautique, numérisation de documents, suivi de commandes ou de clients, intelligence artificielle, etc.) surtout avec la technologie Power d’IBM. R2i évolue dans la cour des grands : la PME a cinq compétiteurs réels au pays et un peu plus d’une centaine de clients, toutes des multinationales au chiffre d’affaires de plus d’un milliard de dollars. Une quinzaine ont même un chiffre d’affaires de plus de dix milliards!

R2i compte une trentaine d’employés et le chiffre d’affaires approche la vingtaine de millions.

Mais quelle mouche a bien pu piquer Benoit Martel pour qu’il se lance dans le merveilleux monde des affaires, alors que sa carrière allait bon train? La crise de la quarantaine? « Disons que je me questionnais sur ce que je voulais faire dans la vie, dit-il. Ça faisait 17 ans que je travaillais dans la vente, en technologie. J’aimais ce que je faisais, j’appréciais le domaine, l’environnement technologique, les clients, mais je soupesais mes options. »

Benoit Martel était salarié au sein d’une très grande entreprise. Il avait près de deux décennies d’expérience, un très bon revenu, la sécurité financière, un réseau de contacts et un brillant avenir dans son industrie. Il était très loin de la retraite. Tout allait bien. Mais il sentait qu’il devait faire un choix. « Je me disais que si je me contentais de changer d’employeur, c’était du pareil au même, dit-il. J’avais besoin de défis, de me ressourcer, de bâtir quelque chose de durable. »

Alors qu’il s’interroge sur son avenir, une de ses bonnes amies, Tamara Vandersluis, qui travaillait chez IBM, décide de prendre sa retraite. C’est une véritable vedette au sein de la multinationale, une sommité mondiale de la plateforme Power. Ils en viennent rapidement à fonder leur entreprise.

Conditions de succès

Un futur entrepreneur de 40 ans est-il avantagé par rapport à un autre, au début de la vingtaine? Benoit Martel répond catégoriquement par l’affirmative. « Un jeune, il a de la drive et peut compter sur son réseau de connaissances universitaires ou personnelles, dit-il. Mais mon réseau de contacts, qui s’étend à toute mon industrie, est encore plus stratégique. D’autre part, je n’étais pas indépendant de fortune, mais j’avais assez de capacité financière, un patrimoine, l’accès à du crédit, pour me lancer en affaires la tête tranquille. Je pouvais survivre pendant un an sans me casser la tête. »

« À 20 ans, on utilise du love money ou des endosseurs pour démarrer son entreprise, repend-il. Moi, j’avais la capacité d’embaucher six personnes et de les rémunérer pendant un an. Ça m’a enlevé un stress énorme. Je n’avais pas à me concentrer sur les recevables. Je pouvais développer l’entreprise à mon aise. Quand on doit constamment focaliser sur les liquidités et le financement, courir après les contrats pour payer les factures, on est moins efficace. Pour ma part, je pouvais me consacrer exclusivement à la vente. »

Et il le fallait. La première année fut très difficile. R2i devait mériter la confiance de ses clients, qui sont des entreprises de très grande taille et qui ont le temps de tester les capacités de leurs partenaires d’affaires. « Mais on a gagné leur confiance et les contrats se sont multipliés », dit-il.

Benoit Martel ne se considère pas comme avantagé du point de vue de la maturité, comparé à un très jeune entrepreneur. « Les jeunes sont très matures, dit-il. Ceux qui se lancent en affaires aujourd’hui sont souvent des scientifiques, des ingénieurs, des détenteurs de maîtrise ou de doctorat. La différence, c’est qu’ils n’ont pas l’expérience d’avoir travaillé pendant des années au sein de l’industrie visée. »

Il se considère très heureux d’être en affaires. « L’entrepreneuriat est une expérience intense, mais très gratifiante, dit-il. Si j’ai un seul message, c’est de dire aux gens qui songent à se lancer en affaires de le faire, peu importe leur âge. Les opportunités de marché ne manquent pas. Il s’agit de trouver un besoin dans l’industrie visée et de le combler. Et ne vous laissez pas arrêter par la pandémie. Le monde va continuer de tourner et l’industrie de votre choix sera encore là dans cinq ans. »

 

Une collaboration de Stéphane Desjardins

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