Confier son argent à des robots peut être dangereux

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Publié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, section Dans vos poches, 18 février 2020

On peut lire l’article ici.

Les FinTech, ou robots conseillers, sont plus populaires que jamais. Mais il y a des risques à confier son épargne à l’intelligence artificielle, avertit Option consommateurs.

Dans une étude publiée ce matin, l’organisme constate la grande popularité de FinTech comme Mylo, Wealthsimple et Portefeuille futé BMO. Option Consommateurs a scruté attentivement leurs sites web et sondé 800 consommateurs dans quatre provinces. Les résultats sont inquiétants.

« La clientèle cible, surtout les 25-35 ans, se dit à l’aise avec la technologie et, surtout, le fait de confier leurs renseignements personnels à un robot, mais ils ne comprennent pas les risques, explique l’auteure de l’étude, Maryse Guénette. Ces données pourraient voyager et les lois sur la protection des renseignements personnels varient d’un pays à l’autre. »

Mme Guénette constate que les sites affichent beaucoup de renseignements, mais que ceux-ci sont avant tout axés sur le marketing. On incite le consommateur à transiger rapidement, en cinq ou dix minutes à peine. Alors que, normalement, quand on investit, on doit prendre son temps, lire les informations. « Celles affichées sur les sites des robots conseillers sont assez claires, ils ont fait un effort. Mais les gens ne les lisent pas, car c’est assez complexe », poursuit-elle.

Manque de clarté

Option consommateurs constate aussi que les conditions d’utilisation manquent de clarté : les robots conseillers disent aux clients que s’ils naviguent sur leurs sites, ils acceptent implicitement leurs conditions d’utilisation !

« Ils se déchargent de leur responsabilité de protéger les renseignements de leurs clients, c’est un peu choquant », reprend-elle.

La clientèle cible est également moins craintive face au risque. Or, les robots conseillers offrent principalement d’investir dans des FNB, qui sont considérés comme des placements plus risqués que la moyenne. La clientèle comprend-elle dans quoi elle s’embarque ?

Limites technologiques

Lorsque vous faites affaire avec un robot conseiller, vous remplissez un questionnaire pour établir votre profil d’investisseur. L’intelligence artificielle isole les contradictions dans les réponses et, au besoin, refile le client à un conseiller en chair et en os.

« Mais la machine ne peut décoder le langage non verbal ou les émotions du client, reprend Mme Guénette. Et ses besoins changent avec le temps. Le robot va-t-il s’adapter ? Et il se dégage aussi un faux sentiment de sécurité avec cette technologie, alors que les robots peuvent être piratés. »

Option consommateurs constate enfin que la réglementation canadienne est allégée pour les FinTech. L’organisme souhaiterait que nos autorités s’inspirent, par exemple, des lois plus sévères en Europe, à Singapour ou en Australie.

« Qui est responsable en cas de litige ? Ce n’est pas clair. La jurisprudence est limitée. Des cas intéressants vont éventuellement aboutir devant les tribunaux », conclut Maryse Guénette.

CONSEILS

Comment les clients devraient aborder les FinTech, ou robots conseillers ? Option consommateurs suggère :

  • De ne pas leur confier l’ensemble de vos épargnes.
  • De lire les contrats sur les sites internet, même si c’est technique.
  • De se renseigner sur l’identité de l’entreprise.
  • De se plaindre à l’Autorité des marchés financiers dès que ça cloche.
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