Des hypothèques à l’eau pour certains inondés

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Publié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, section Dans vos poches, 7 mai 2019

On peut lire l’article ici.

Être « sous l’eau » signifie, selon les banquiers, qu’une dette hypothécaire est plus élevée que la valeur de la maison. Certaines victimes des inondations se retrouvent désormais dans cette situation.

Avec le réchauffement climatique, plusieurs experts estiment que les inondations à grande échelle risquent de se reproduire. De nombreuses propriétés qui se situaient dans un secteur à risque de subir des inondations faibles ou modérées sont désormais plus exposées qu’avant.

Les crises économiques ou financières et les catastrophes naturelles influencent le marché immobilier : à la suite de la crise du papier commercial, le quart des hypothèques américaines étaient sous l’eau, au début de 2010.

Après les inondations de Saint-Jean-sur-Richelieu, nombre de propriétaires ont revendu leurs propriétés à perte, signalait hier mon collègue Ghislain Larochelle.

Des conséquences temporaires

Malgré tout, la situation est peut-être temporaire. Une étude américaine récente menée sur Realtor.com confirme que les feux californiens ou les ouragans Harvey et Irma ont eu un effet direct sur les consultations et les ventes, mais que les transactions ont repris en quelques mois seulement. Trois ans après les inondations provoquées par l’ouragan Harvey, 31 % des quartiers affectés au Texas ont même vu le prix moyen des maisons monter, rapportait Forbes l’an dernier.

Mais que se passe-t-il pour les propriétaires sinistrés qui ont encore un solde hypothécaire élevé, surtout ceux qui n’ont fourni qu’une mise de fonds de 5 % pour se prémunir de l’assurance de la SCHL ?

Prenons l’exemple d’une maison à vendre actuellement, à 274 900 $, sur la 29e Avenue, à Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Si cette maison avait été vendue l’an dernier, on peut imaginer que les propriétaires auraient aujourd’hui une dette hypothécaire d’au moins 260 000 $ s’ils n’avaient fourni qu’une mise de fonds de 5 %. Comment aurait réagi le prêteur ?

Normalement, tant que l’emprunteur effectue ses paiements hypothécaires, il n’interviendra pas.

Mais, considérant que le quart des Québécois vivent d’une paie à l’autre, nombre de propriétaires sinistrés risquent d’être étranglés, alors qu’ils devront financer des travaux de reconstruction de leur maison. D’autant plus que l’aide gouvernementale se fait souvent attendre et qu’elle est soumise à un plafond. Et que la couverture en assurance inondation est aussi souvent plafonnée autour de 25 000 $…

Si un sinistré décide de quitter un secteur à risque en se prévalant de l’aide gouvernementale (le montant qui circule dans les médias est de 250 000 $) et que son hypothèque excède l’aide gouvernementale, celui-ci devra assumer la différence.

Certains prêteurs, comme Desjardins, vont toutefois offrir de reporter les paiements hypothécaires sur six mois, histoire de laisser l’emprunteur reprendre son souffle. Mais c’est du cas par cas.

CONSEILS

? Vous voulez revendre votre propriété ? La réglementation vous oblige à déclarer que la propriété est située en zone inondable ou qu’elle a été inondée.

? Les prêteurs refusent normalement de financer des propriétés situées dans des zones inondables (probabilité de 0 à 20 ans). Mais de toute évidence ces zones à risque vont s’agrandir ces prochaines années…

? Un prêteur renouvellera normalement sans problème une hypothèque s’il n’y a eu aucun retard de paiement, malgré une inondation.

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