Devriez-vous donner une carte de crédit à votre ado?

9


Publié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, section Dans vos poches, 20 mars 2019

On peut lire l’article ici.

Québec envisage d’interdire les cartes de crédit aux moins de 18 ans. Est-ce une bonne chose ?

Le gouvernement Legault mènera au printemps des consultations pour modifier la Loi sur la protection des consommateurs (LPC). Québec veut restreindre le droit, pour les ados, d’avoir une carte de crédit en imposant le consentement des parents, ce qui inquiète des spécialistes des finances personnelles.

Actuellement, s’ils exploitent une entreprise, les ados de plus de 14 ans sont considérés comme majeurs par le Code civil et peuvent faire des transactions en conséquence. Il faudra clarifier si ce droit s’étend aux cartes de crédit.

Jeunes de moins de 18 ans

Les jeunes de moins de 18 ans occupent souvent un emploi. On les considère comme assez matures pour conduire une voiture et consommer pour subvenir à leurs besoins : biens dispendieux (dont des iPhone ou Galaxy à plus de 1000 $, financés sur plusieurs années), articles de sport, billets de spectacle, musique en ligne, vêtements, repas au resto, etc.

Or, ils sont nombreux à ne pas avoir une relation harmonieuse avec leurs parents. Pire, certains parents traversent des périodes compliquées et un grand nombre ont des capacités parentales réduites, voire inexistantes.

Pour un jeune qui fréquente un cégep situé à 90 km de la maison, ou qui doit louer équipement et services pour exploiter sa micro-PME ou simplement suivre ses études, une permission parentale obligatoire pour une carte de crédit pourrait lui couper les ailes, ou lui faire perdre des offres avantageuses.

D’autant plus que les achats en ligne, effectués par carte de crédit, très prisés des jeunes, s’accompagnent de certaines protections prévues par la LPC, dont la rétrofacturation.

Craintes légitimes

Alors que le ratio d’endettement des Canadiens oscille autour de 170 % (les gens ont 1,70 $ de dette pour chaque dollar de revenu) et que 46 % des Québécois se disent à 200 $ de l’insolvabilité, les autorités s’inquiètent d’étendre les cartes de crédit aux ados.

« Il y a des risques importants liés au crédit accordé aux jeunes, mais il vaut mieux encadrer qu’interdire », affirme Jacques St-Amant, analyste à la Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ).

Des solutions ? Pourquoi ne pas plafonner le montant de la carte à un niveau raisonnable (500 $ ou 1000 $ par exemple), ou s’assurer que la limite de crédit ne soit pas haussée sans autorisation parentale ?

CONSEILS

  • Outre les conseils de base en matière de finances personnelles (faire un budget et le respecter, ne jamais dépenser plus que ce que l’on gagne, épargner systématiquement 10 % de ses revenus bruts, planifier les grosses dépenses, éviter les achats impulsifs…), offrez à votre ado des notions de base en matière de crédit : le coût de l’intérêt, l’importance de respecter les échéances, la bonne réputation et le dossier de crédit, etc.
  • Révisez avec lui les états de compte de sa carte de crédit.
9 recommended
156 views
bookmark icon