Ça va coûter plus cher pour assurer son auto

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Publié dans Autofocus.ca, 18 mai 2018

On peut lire l’article ici.

Depuis trois ans, la prime moyenne en assurance automobile est en hausse au Québec. Et cette hausse risque de se maintenir

Autofocus.ca révélait, mercredi dernier, que la prime moyenne s’élevait à 564$ au Québec, l’an dernier. «Essentiellement, c’est la même prime que celle de 2007», constate Anne Morin, responsable des affaires publiques au Groupement des assureurs automobiles du Québec (GAA).

Autofocus.ca a eu accès à certains chiffres colligés par le GAA pour l’Autorité des marchés financiers (AMF). Ils révèlent qu’à partir de 2015, la prime moyenne assumée par les automobilistes québécois est repartie à la hausse. On parle ici de voitures de tourisme, qui représentent plus de 85% du marché de l’assurance automobile.

Or, la prime ne suit nullement le coût moyen des sinistres, soit ce que les assureurs paient pour réparer ou remplacer les véhicules accidentés ou volés.

Année Prime Coût moyen des sinistres
2012 532$ 2756$
2013 527$ 2856$
2014 525$ 2929$
2015 532$ 3062$
2016 542$ 3191$
2017 564$ 3301$

Le jeu de compétition fait donc en sorte que les assureurs rognent sur leur rentabilité pour conserver des parts de marché. «Si les primes devaient couvrir 100% de l’augmentation des coûts de sinistralité, elles auraient augmenté en moyenne d’au moins 30%, commente Mme Morin. Ce qui n’est manifestement pas le cas.» Cette hausse fut plutôt de 5,90% sur cinq ans.

Les coûts moyens des dommages aux véhicules augmentent de 4% à 5% annuellement, affirmait récemment le PDG de SSQ Assurance, Jean-François Chalifoux. Depuis 2012, le coût moyen des sinistres est passé de 2756$ à 3301$, soit une hausse de 745$ (19,77%) en six ans, selon le GAA. 

En fait, c’est une des caractéristiques de l’industrie de l’assurance de dommages : les assureurs ajustent très lentement leur tarification en fonction de la sinistralité. Ainsi, en 2012, pour chaque dollar récolté en prime par les assureurs, ils ont versé 63 cents pour couvrir les coûts des sinistres. L’an dernier, c’était 77 cents. «C’est très élevé, ajoute Mme Morin, compte tenu des coûts de fonctionnement qu’une entreprise doit normalement assumer, comme payer les employés, le marketing, les loyers, etc.»

Jusqu’en 2015, les consommateurs québécois l’ont eu facile, car ils ont profité de baisses de tarifs de 22,6% sur une décennie en dollars constants, rapportait le Journal de l’assurance en 2016. Mais, depuis deux ans, l’industrie enregistre des pertes, selon les chiffres de l’AMF.

Pourquoi les coûts augmentent-ils pour les assureurs? Plusieurs facteurs expliquent cette hausse: il y a tout simplement plus de voitures sur la route, davantage de technologie embarquée, les salaires, loyers, taxes municipales sont aussi à la hausse dans les garages et les concessions, ainsi que les changements climatiques, qui se traduisent par des hivers plus rigoureux et des tempêtes ou des inondations plus sévères. Conséquemment, la fréquence des sinistres est aussi à la hausse, de 4,61% en cinq ans, et le nombre de sinistres, de 12,40%. Et, selon certains experts, la légalisation de la marijuana devrait aussi contribuer à la hausse des tarifs pour les prochaines années.

Chaque assureur hésite à augmenter sa tarification de manière dramatique, de peur de perdre des clients au profit des concurrents. Mais devant une hausse inévitable des coûts, ce ne serait pas surprenant que le mouvement haussier général des tarifs se poursuive. L’an dernier, la plupart des assureurs actifs dans le marché de l’assurance automobile au Québec envisageaient des hausses pour cette année.

Évidemment, comme nous l’écrivions le 16 mai, la tarification varie grandement selon le consommateur, son expérience de conduite, son âge, son sexe, son dossier de crédit, l’utilisation de sa voiture, le modèle, l’endroit où il habite, etc. Au renouvellement de leur contrat, cette année, pour certains automobilistes, la hausse sera minime. Pour d’autres, elle sera très salée.

Dans ce contexte, la meilleure attitude, c’est de magasiner. D’un assureur ou courtier à l’autre, il est possible d’obtenir une soumission qui sera moins élevée de plusieurs centaines de dollars que ce que vous payez actuellement, pour les mêmes protections.

 

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