Combien faut-il d’argent pour faire face aux urgences?

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urgencesPublié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, section Dans vos poches,  24 février 2016

On peut lire l’article ici.

Il faut réparer l’auto. Le frigo rend son dernier souffle. Le toit coule. Avez-vous l’argent?

Il y a quelques mois, l’Agence QMI révélait que plus du tiers des salariés québécois vivent d’une paie à l’autre. Ainsi, 22 % ne pourraient faire face à une dépense urgente de 2000 $. Le quart n’a aucun coussin financier. Pire, un Québécois sur dix serait incapable de parer à une dépense imprévue de 500 $!

Et si cette urgence survient, comment y faire face?

La meilleure solution, c’est de se constituer un fonds pour les urgences. Qui sera placé à l’abri dans un compte CELI. Mais combien épargner? Les experts parlent de 5 % à 10 % de votre revenu net (ou après impôt).

La plupart disent que pour parer aux urgences immédiates, il faut disposer EN TOUT TEMPS d’au moins un mois de salaire net dans son compte chèque. Par exemple, si votre employeur y dépose 1000 $ toutes les deux semaines, il faut y maintenir 2000 $ en permanence. Par prudence, je confierais la moitié de cette somme à un compte CELI.

Pour parer aux crises graves (décès, perte d’emploi, invalidité de courte durée…), vous devez épargner l’équivalent de trois mois de revenus. Les gens des ACEF ou du FRAPRU affirment que pour équilibrer adéquatement son budget, un locataire doit consacrer 30 % de son revenu net au logement (32 % du revenu brut pour un propriétaire) (voir tableau).

REÉR, pas touche !

Certains recourent à leur marge ou leur carte de crédit. Vous ne faites ainsi que repousser le problème de quelques semaines. Lorsque vous recevez votre état de compte, vous avez quelques jours pour ramener le solde à zéro. Si c’est impossible, la spirale de l’endettement vous guette.

D’autres pigent dans leurs épargnes, notamment leur REÉR. Mauvaise idée. Un placement dans un REÉR permet de reporter de l’impôt à la retraite, un moment de la vie où, théoriquement, vous êtes moins imposé parce que vos revenus sont moins élevés que pendant votre vie active. Or, si vous effectuez un retrait de votre REÉR de plusieurs centaines, voire des milliers de dollars, vous risquez d’être imposé sévèrement sur ce montant, selon votre revenu.

Mettons que vous devez faire face à une urgence de 14 000 $. À un taux élevé d’imposition, par exemple 30 %, vous devrez sortir 20 000 $ de votre REÉR! Et les institutions financières ou les sociétés de fonds communs de placement effectuent la déduction (ici, c’est 6000 $) au retrait.


Conseils

  • Sans douleur: faites un virement hebdomadaire de 25 $ par semaine ou 50 $ par paie vers votre CELI; vous constituerez une part impressionnante de votre fonds d’urgence en seulement un an.
  • Moins vous gagnez, plus d’heures il vous faudra travailler pour rembourser une dette urgente, d’où la nécessité d’un trésor de guerre.

COMMENT RÉPARTIR SES DÉPENSES EN FONCTION DU REVENU NET ?

  • Dettes 5 % à 10 %
  • Urgences 5 % à 10 %
  • Vêtements 2 % à 7 %
  • Loisirs, éducation 5 % à 10 %
  • Épargne 5 % à 10 %
  • Électricité, communications 5 % à 10 %
  • Alimentation 5 % à 15 %
  • Transport 10 % à 15 %
  • Logement 25 % à 35 %

Sources: Desjardins

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