Faire ses impôts soi-même

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Publié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, section Dans vos poches, 25 mars 2015

On peut lire l’article ici.

Est-ce une bonne idée de préparer soi-même ses impôts? Ça dépend de votre situation.

Selon Ottawa, c’est le lot de la moitié des contribuables, la plupart du temps pour sauver de l’argent. Cette économie de bout de chandelle peut coûter cher, car même Albert Einstein disait que la loi de l’impôt était la chose la plus difficile à comprendre au monde! Les erreurs sont humaines et, l’an dernier, les réclamations demandées par Ottawa et Québec à la suite d’erreurs faites par les contribuables se chiffraient en milliards.

«Si vous n’avez qu’un salaire, un seul compte REER et effectué un ou deux dons dans l’année, vous pouvez vous en passer», explique Martine Marleau, de l’ACEF de l’Est de Montréal.

Cliniques d’impôt

Assez curieusement, les gens vivant près ou sous le seuil de la pauvreté et les aînés devraient aussi faire faire leur rapport d’impôt par des spécialistes! «Un nombre effarant d’entre eux se privent de précieux crédits d’impôt», reprend Mme Marleau.

Certains perdent ainsi des milliers de dollars. Par exemple, ils négligent de réclamer le supplément de revenu garanti ou des frais médicaux, surtout si ceux-ci ne sont pas entièrement couverts par leur assurance collective. D’autres oublient le crédit d’impôt pour personne vivant avec un handicap ou le transfert des droits de scolarité.

Une solution: plusieurs ACEF et les étudiants en comptabilité de nombreux cégep et universités tiennent des cliniques d’impôt, gratuitement ou pour un prix minime.

Sinon, le coût moyen se situe autour de 70 $ à 80 $ pour faire préparer ses deux déclarations par une firme spécialisée. Mais si votre situation fiscale est compliquée (placements complexes, nombreux crédits, plusieurs dépenses déductibles selon des critères différents, fractionnement du revenu avec le conjoint, fractionnement de votre REER, RAP, REEE, personnes à charge, pensions alimentaires, frais médicaux, pertes de placements, dividendes, revenus d’intérêt, crédit d’impôt pour aidant naturel, crédit pour maintien à domicile, taxe santé, assurance médicament, frais de garde, etc.), la facture peut grimper à plus de 200 $. Le coût d’un logiciel d’impôt, lui, varie de 10 $ à 130 $, selon la complexité, le nombre d’utilisateurs et si vous achetez la version CD ou en ligne. Certains sont gratuits: pourquoi s’en passer?

Estimation erronée

Ne vous fiez pas à votre déclaration de l’an dernier, car les gouvernements changent constamment les lois. Mme Marleau et ses collègues des autres ACEF voient aussi passer beaucoup de contribuables qui négligent de faire leur déclaration. Mauvaise idée: le fisc vous cotisera basé sur une estimation parfois erronée. C’est compliqué d’obtenir une correction et vous vous exposez à des frais d’intérêt de 5 % sur le solde à la date due plus 1 % par mois pour 2014 (10 % sur le solde + 2 % par mois pour les années précédentes).

Si vous croyez ne pas pouvoir acquitter votre facture d’impôt, communiquez rapidement avec Revenu Québec et l’Agence de revenu du Canada. Ils sont très ouverts à négocier une entente d’étalement.


Conseils 

  • Respectez la date limite du 30 avril et utilisez la transmission électronique pour un remboursement plus rapide et sécuritaire: vous n’aurez pas à envoyer vos reçus au fédéral.
  • Optez pour le dépôt direct dans votre compte de banque.
  • Gardez vos papiers en lieu sûr pendant sept ans et une copie numérisée ailleurs qu’au domicile.

 

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