Travailler après 65 ans sans assurance collective?

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65 ans assurancePublié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, section Dans vos poches, 20 février 2015

On peut lire l’article ici.

Un lecteur de 65 ans nous écrit: «Alors que le gouvernement prêche de reporter notre retraite, est-ce normal qu’à mon âge, l’assurance collective diminue?»

Ami lecteur, vous avez raison: la plupart des contrats d’assurance collective prévoient la diminution et même la fin de certaines couvertures, parfois à 60 ans!

Prenez l’invalidité (ou l’assurance salaire): «Dans 95 % des contrats, la protection se termine à 65 ans, confirme Nicolas-Pierre Bergeron, actuaire-conseil chez Normand Beaudry. C’est comme ça depuis la nuit des temps et c’est normal, car c’est l’âge habituel de la retraite. De plus, de nombreux Québécois la prennent bien avant.»

Selon M. Bergeron, les besoins à 40 ans sont différents qu’à 63 ou 65 ans. On a une maison, des enfants aux études, des responsabilités. «De plus, à 65 ans, on s’attend à ce que le travailleur reçoive des prestations de retraite gouvernementales et qu’il commence à décaisser son REER», ajoute-t-il.

Les employeurs décident

À ce chapitre, ce sont les employeurs qui décident, pas les assureurs… qui se font de plus en plus demander des extensions pour les plus de 65 ans. «On ne voyait pas ça il y a cinq ans et nous sommes ouverts aux demandes. Je ne crois pas que ces travailleurs constituent un mauvais risque», considère Carl Laflamme, premier V.-P. assurance collective chez SSQ. Il confirme que certains employeurs offrent une extension de six mois ou un an. Pas plus.

Certains employeurs l’offrent jusqu’à 67 ans, ajoute Jacques Hébert, V.-P. assurance collective chez AON Hewitt. «Mais les risques d’invalidité s’accroissent avec l’âge. L’assureur va tarifer en conséquence et ce sont tous les travailleurs qui subiront l’augmentation. Car les coûts sont assez élevés.»

En assurance vie, la norme, c’est de réduire la prestation de 50 % en cas de décès, pour les travailleurs de 65 ans et plus. Ici aussi, le risque augmente beaucoup après 65 ans. Ça ne devrait donc pas changer.

Migrer vers le régime public

Pour l’assurance maladie et médicament, les employeurs suggèrent massivement à leurs employés de 65 ans de migrer vers le régime public de la RAMQ. Ou de subir une forte hausse, permise par la loi. Car les employeurs sont aux prises avec une explosion des coûts des médicaments, encore plus élevée après 65 ans. Si vous migrez vers la RAMQ, les autres soins ou des frais comme l’ambulance demeurent souvent couverts par le régime de l’employeur.

D’ici là, payez vos dettes et épargnez, car les régimes publics de retraite ne couvriront que 35 % de vos revenus actuels une fois à la retraite. Et les spécialistes des finances personnelles considèrent qu’il faut avoir remboursé son hypothèque le jour où on accroche ses patins. Si ce n’est pas le cas et que vous avez 63 ans, demandez à votre employeur une extension de votre couverture en invalidité après 65 ans. Il y a de bonnes chances que vous ne serez pas le seul. Il aura donc une bonne raison de s’informer auprès de l’assureur…

Nos conseils

  • Laissez tomber vos couvertures en santé et médicament chez votre assurance collective et migrez vers le régime public, beaucoup moins cher.
  • Vous avez plus de 55 ans, votre hypothèque est payée et les enfants sont autonomes? Gardez vos protections en invalidité, car vous devez épargner le maximum pour votre retraite.
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