Comment faire pour se sortir de ses dettes ?

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Capture d’écran 2014-09-25 à 08.41.06Publié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, Section Dans vos poches, 25 septembre 2014

On peut lire l’article ici.

Vous vivez d’une paye à l’autre? Les créanciers vous harcèlent au téléphone? Vous n’arrivez plus! Comment s’en sortir?

« Appelez-moi », répond en souriant Martine Marleau, conseillère budgétaire à l’ACEF de l’Est de Montréal. Évidemment, elle voulait dire l’ACEF la plus près de chez vous!

Cette suggestion va changer votre vie. « Les gens sont honteux quand ils sont pris à la gorge. Ils n’en parlent même plus à leurs proches car, souvent, ils leurs doivent de l’argent! Ça fait du bien d’échanger avec une personne neutre, qui s’y connaît en finances personnelles », ajoute-t-elle.

Même si votre qualité de sommeil est affectée, sachez qu’il y a toujours une solution à l’endettement. Le meilleur moyen d’y faire face, c’est de se faire un budget. C’est ce que les gens des ACEF ou les syndics de faillite vont faire avec vous, question de fixer vos revenus et de savoir où va votre argent. Ensuite, ça risque de faire mal car il faudra prendre des décisions difficiles. Et ça va durer des mois ou des années. Il faudra revoir vos priorités ou habitudes de vie… avant que vos créanciers ne le fassent à votre place!

Couper restos, abonnements au théâtre, deuxième voiture, bouquet multicanaux du câble, voyage annuel à Cancun, études au privé de vos enfants… Ça peut aller loin. C’est pour ça qu’il faut se méfier des petites annonces qui vous proposent une sortie de crise rapide et sans douleur. Tout comme ceux qui étudieront votre dossier moyennant quelques centaines de dollars.

Certains s’en sortent admirablement en coupant leurs dépenses. Mais, parfois, c’est impossible. Y a-t-il des actifs à vendre? Meubles, DVD, livres, peintures, bijoux, voiture? Ils sont des dizaines à l’avoir troquée pour Communauto ou les transports en commun et le vélo. Faudra-t-il même passer de propriétaire à locataire?

Avant de se rendre aux solutions extrêmes, appelez vos créanciers; ils vous permettront peut-être de gagner du temps, d’étaler vos dettes sur une plus longue période ou de diminuer le taux d’intérêt. Ils apprécieront votre franchise même s’ils ne vous le diront pas. Et rappelez-les à tous les trimestres.

Vous pourrez aussi demander une consolidation de dettes à votre institution financière. Mais si vous avez des factures impayées depuis trois mois et que des agences de crédit vous harcèlent, c’est peine perdue car votre votre dossier de crédit est entaché. Et une banque exigera un revenu de travail avant de vous écouter.

Pierre Fortin, syndic chez Jean Fortin et Associés, suggère d’y aller par étapes : « Choisissez votre dette la plus faible et payez-la rapidement. C’est efficace et gratifiant. Puis, passez à une autre petite dette. Ça peut aller plus vite qu’anticipé. Et dès qu’une carte de crédit est payée, découpez-la. Une seule suffit. »

Si votre cas est plus lourd, vous pouvez demander un dépôt volontaire au palais de justice de votre région. Vous y « déposerez » les dettes de votre choix et le taux d’intérêt sera gelé à 5%. Mais vous devrez, chaque mois, remettre l’équivalent d’une saisie de salaire, qui peut représenter environ 40% de votre revenu net. Costaud.

Reste la proposition du consommateur. Ou la faillite, qui est une solution ultime. Parfois, c’est la seule possible. Par contre, certains faillis pourront conserveur leur voiture et leur maison, si l’équité est faible (par exemple : un solde hypothécaire de 5000$ sur un immeuble d’une valeur de 250 000$). « Par contre, certains doivent faire le deuil de leur maison parce qu’ils ne peuvent tout simplement pas se la payer. Une cage dorée demeure une cage, explique Pierre Fortin. L’objectif, c’est que les gens puissent enfin vivre en dessous de leurs moyens. »

Pas de doute : se sortir de ses dettes exige des décisions difficiles et des efforts à long terme. Oubliez les solutions magiques. Mais le soulagement est indescriptible quand on s’acquitte de sa dernière créance. Et qu’on a établi de saines habitudes de vie financière!

Signes de sur-endettement :

Vous dépensez plus que ce qui est prévu à votre budget

Votre conjoint ne connaît pas votre train de vie ou vos dettes

Vos cartes de crédit sont une bouée de sauvetage

Vous avez plus de trois cartes et elles sont pratiquement « topées »

Vous ne payez que le minimum exigé… ou moins

Vous payez toujours vos factures en retard

Les agences de recouvrement ou des créanciers vous harcèlent

Vous coupez dans l’épicerie, les vêtements

Vous devez de l’argent à vos proches

Vous vivez d’une paye à l’autre

Votre salaire a été saisi pour payer des dettes, de l’impôt

Vous avez atteint ou dépassé votre limite de crédit

L’électricité, le câble ou le téléphone sont coupés

On menace de vous enlever votre voiture

Vous avez de la difficulté à dormir à cause des questions d’argent

Ça dure depuis six mois ou plus

Nos conseils :

Prenez rendez-vous avec un conseiller budgétaire à l’ACEF la plus près de chez vous : www.consommateur.qc.ca

Les dettes de pensions alimentaires, de fraudes ou étudiantes ne sont pas libérées à la faillite

Assurez-vous que votre syndic de faillite est membre du Conseil des syndics de faillite : http://conseilsyndic.com

 

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