Difficile d’être infidèle aux banques

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Difficile d'être infidèle aux banques
Difficile d’être infidèle aux banques

Publié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, Section Dans vos poches, 17 septembre 2014

On peut lire l’article ici.

Amis lecteurs, vos questions sont souvent si pertinentes! Comme ce monsieur qui fait part de son désarroi parce qu’il veut changer de banque. C’est très compliqué! Comment faire?

Même si une majorité de Canadiens ont des comptes dans plusieurs institutions, la plupart ont centralisé l’essentiel de leurs finances personnelles. Et les institutions financières font tout pour vous attacher solidement.

« Au Canada, la concurrence ne s’applique pas au monde bancaire. En fait, c’est le contraire qui se produit : les frais grimpent sans cesse », explique Nicolas Viel, porte-parole de l’Union des consommateurs. Il a raison : nous sommes servis par un oligopole d’institutions presque toutes pareilles pour les frais et les contrats. Alors, pourquoi c’est si compliqué de changer? Parce que nos vies sont complexes.

Il y a quarante ans, on allait à la banque pour déposer sa paie, faire des retraits et, occasionnellement, confier une somme rondelette pour un CPG. Aujourd’hui, les institutions financières traitent le dépôt direct de votre paie, vos retours d’impôt, de TPS/TVQ ou vos rentes, les virements automatiques vers vos placements, les paiements automatiques de vos prêts, marges, hypothèques, cartes de crédit, les débits pré-autorisés de vos meubles, location auto, services de télécommunications, services publics, etc. Ils administrent votre compte chèque, d’épargne, votre REER, CELI, gèrent les liens vers votre courtier à escompte ou de plein exercice (qui est d’ailleurs une filiale de la banque), vos paiements vers l’assureur vie ou de dommages (une autre filiale de la banque).

« Il y a peu d’avantages distinctifs d’une institution à l’autre, reprend M. Viel. D’autant plus qu’une majorité de Canadiens ne savent pas combien ils paient en frais de service, souvent une petite fortune annuellement. »

Les Canadiens sont ainsi des clients fidèles : 71% le sont depuis plus de 10 ans, selon la firme EY, mais 84% feraient le saut vers une autre institution si cette dernière leur ferait épargner 644,43$ en moyenne par année, selon un récent sondage de la firme RateSupermarket.ca. Notre lecteur de tantôt est client de sa banque depuis l’âge de huit ans : trente ans plus tard, il songe à aller ailleurs mais hésite devant l’Himalaya bureaucratique.

Par exemple, on lui a dit qu’il fallait qu’il vide son compte CELI avant de le transférer ailleurs. Ce qui est faux. Pour ses REER et CELI, les transferts sont directs. Il devra par contre payer des frais (jusqu’à 65$). Transférer une hypothèque avant son échéance génère aussi une substantielle pénalité. Parfois, il faut repasser devant le notaire, ce qui coûtera au moins 800$. Par contre, nombre d’institutions assument en partie ces frais (par des cadeaux de bienvenue en argent, en points de fidélité ou par des taux avantageux sur les prêts, marges, hypothèques et produits de placement) pour gagner votre clientèle. Mais la nouvelle banque ne paiera pas le notaire.

On lui a dit que ses placements seraient gelés pendant un certain temps. C’est en partie vrai. Pour les CPG ou certains produits, il devra attendre à l’échéance ou les liquider (et se contenter d’un rendement moindre). Et certains fonds communs comportent des frais de sortie décroissants selon diverses échéances. De plus, pour l’assurance prêt hypothécaire, il devra peut-être attendre l’échéance de la police avant de la renouveler ailleurs. Et il devra renégocier ses prêts ou ses marges de crédit. Comparer les taux et les frais d’une banque à l’autre prend beaucoup de temps, ce qu’avait constaté l’Union des consommateurs dans une étude de juin 2007 toujours d’actualité. Bonne nouvelle: l‘Agence de consommation en matière financière du Canada (ACFC) offre un outil de sélection de compte, qu’on consulte ici : http://bit.ly/WihgTo.

Quelques institutions financières offrent un service « d’accompagnement » à l’ouverture d’un compte qui se charge gratuitement de l’énorme paperasse et des démarches de transfert de tous vos comptes. Cette paperasse vient de la réglementation pour contrer le blanchiment d’argent, le terrorisme, l’évasion fiscale et protéger les renseignements personnels.

L’institution financière où vous voulez migrer fera par contre une enquête de crédit à votre sujet. Certaines refuseront de vous ouvrir un compte si votre dossier affiche des problèmes de solvabilité ou de fraude, signale Lisanne Blanchette, porte-parole d’Option Consommateurs. « Mais plusieurs refus sont motivés parce que nous devons protéger le membre et la caisse dans des cas d’usurpation d’identité », explique André Chapleau, porte-parole chez Desjardins.

Donc, avant de changer, négociez avec votre institution. Vous économiserez peut-être des centaines de dollars annuellement.

Nos conseils :

Confiez vos placements, vos assurances et autres opérations à plusieurs conseillers et institutions

Installez votre compte chèque chez une banque électronique, comme Tangerine

Prenez dix minutes par mois pour analyser vos relevés de compte : vos frais et vos dépenses vous surprendront

 

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